Encore un auteur que je découvre sur les bons conseils du blog Mon roman ? Noir est bien serré ! de Cédric Segapelli, après Attica Locke ici.
Joseph Incardona, auteur de polar donc, est un écrivain d’origine suisse et italienne, à qui l’on doit déjà une vingtaine de romans. Son pénultième, Stella et l’Amérique, paru en 2024 aux éditions Finitudes et republié en poche en 2025 chez Pocket, a gagné le Prix Polar Derrière les murs et le Prix Ancres Noires, et a figuré dans la sélection d’une pléthore d’autres prix (Elle, RTL/LiRE, Marie-Claire, et j’en passe).
Road-movie frappadingue, sur fond de sanctification, de miracles et de papauté dévoyée, où l’on croise notamment un curé ayant fait ses armes chez les Navy SEALs et deux frères tueurs à gages plus refaits que les Bogdanoff.
C’est court, rigolo, enlevé, écrit avec une patte originale – une vraie voix, bref, tout ce que j’espère trouver dans un bon polar. Parfois, Incardona intervient directement dans la narration pour donner son avis, commenter ce qui se passe, s’amuser avec la mise en abîme. C’est sympathique, mais gare !, ça flirte un peu avec les limites, on n’est pas loin du gimmick. C’est un bémol, je ne vais pas bouder mon plaisir.
Le père Brown avait tout cela devant lui, ce corps ensommeillé qui balbutiait, bousculé par la lumière, et ces yeux d’ambre qui maintenant le regardaient, étonnés que cet homme soit encore là, pour la protéger et la chérir. Il y a cette petite peinture à l’huile d’Anton Romako, Le Faune et la Nymphe, et c’est exactement ça, leur duo. Il y a aussi des choses que la peinture dit mieux que la littérature, il faut rester humble. Dorénavant, on l’appellera Brown tout court. Ce qu’on nommait à tort « père » se dissolvait dans la nature comme un curé défroqué devenu faune, certains naissent dans un œuf Kinder, comme une génération spontanée, la filiation n’existe pas pour eux.
Stella et l’Amérique, Joseph Incardona, p. 122
Passionnante recension de ce livre sur mon roman noir et bien serré.

- Stella et l’Amérique, de Jospeh Incardona, 2025 (parution originale 2024), Pocket, 224 pages.
